
Le décret du 6 mars 2026 constitue un nouveau frein pour les employeurs associatifs. Il réduit les aides à l’apprentissage et supprime l’exonération de la taxe d’apprentissage pour les structures à but non lucratif, une mesure historiquement destinée à soutenir les associations n’exerçant pas d’activités marchandes. Former un apprenti devient ainsi plus coûteux, et de nombreux employeurs risquent de ne plus recourir à ce dispositif.
Cette situation intervient alors que l’attractivité des métiers du lien social et familial diminue et que le contexte budgétaire est déjà très préoccupant.
Le secteur associatif traverse une période difficile :
- le soutien public se contracte ;
- les modèles économiques des associations restent fragiles ;
- les métiers du lien social et familial perdent de l’attractivité ;
- les vocations pour ces professions se raréfient ;
- la reconnaissance et la valorisation de ces métiers restent insuffisantes.
Pourtant, les associations jouent un rôle majeur dans la formation des jeunes. Chaque année, elles accueillent et accompagnent des milliers d’alternants, principalement à des niveaux bac et bac +2. Elles contribuent ainsi à la cohésion sociale et à l’insertion professionnelle et apportent une réponse, par ce levier, aux métiers aujourd’hui en tension de l’animation, de la vie sociale et de la petite enfance.
Depuis 2019, avec l’aide unique aux employeurs d’apprentis, le nombre de contrats d’alternance dans l’économie sociale et solidaire a fortement augmenté. Près de 40 000 jeunes trouvent chaque année un parcours formateur et porteur de sens.
Ces mesures engendrent des conséquences à la fois immédiates et durables. Tout d’abord, la diffusion tardive du budget2026, intervenue en février, a privé de nombreuses organisations de la possibilité de se préparer à cette nouvelle dépense. En conséquence, depuis quelques semaines, l’Urssaf envoie aux employeurs des notifications les sommant de déclarer la taxe dès les salaires de mars, ce qui, entraîne un impact financier à la fois immédiat et considérable. À plus long terme, ces contraintes risquent de fragiliser la formation professionnelle. Moins d’apprentis formés aujourd’hui signifie moins de professionnels demain, dans des métiers déjà en tension. L’apprentissage constitue un levier stratégique pour contrer la baisse d’attractivité et renouveler les équipes. Il permet également de maintenir la qualité des services rendus aux publics et de transmettre les savoirs indispensables au fonctionnement des associations. Cette décision intervient alors même que le Conseil de l’Union européenne appelle les États membres à renforcer leurs investissements dans les compétences.
Elisfa, la Fédération des Centres sociaux et socioculturels de France et l’Acepp appellent les pouvoirs publics à agir rapidement :
- Adapter les aides à l’apprentissage pour refléter la réalité économique et sociale des employeurs associatifs ;
- Rétablir l’exonération de la taxe d’apprentissage pour les structures à but non lucratif. A défaut suspendre temporairement la suppression de l’exonératio
- Sans mesures correctrices, la capacité du secteur associatif à former, recruter et transmettre ses savoirs sera gravement compromise
Télécharger le communiqué cosigné par Elifa, la Fédération des Centres Sociaux et l’Acepp