Le numéro 151 de la Gazette de l’Acepp s’inscrit dans un moment charnière : l’entrée en vigueur du Service Public de la Petite Enfance (SPPE), qui redéfinit la responsabilité des communes dans l’accueil des jeunes enfants. Cette réforme majeure soulève autant d’espoirs que de questions, et ce numéro ambitionne d’en éclairer les enjeux en donnant toute sa place à l’expertise du secteur associatif.

À travers analyses, témoignages et retours de terrain, la Gazette met en lumière la manière dont le SPPE redessine l’écosystème local de la petite enfance. Elle s’attache à comprendre pourquoi cette nouvelle organisation publique était attendue depuis des décennies : meilleure coordination, lutte contre les inégalités territoriales, renforcement de la qualité, soutien à la parentalité… Autant d’ambitions qui prennent racine dans des années de rapports, de débats et d’alertes sur la dégradation des conditions d’accueil et la pénurie de professionnels.
Les contributions montrent aussi comment ce SPPE ne pourra pleinement réussir qu’en s’appuyant sur un acteur déjà solidement implanté : le tissu associatif. Des crèches parentales aux structures d’accompagnement à la parentalité, les associations incarnent une approche fondée sur la coopération, la proximité et l’adaptation aux réalités locales. Le label parental Acepp, relancé cette année, prend toute sa place dans ce contexte : il affirme des valeurs fortes — non lucrativité, participation des parents, accueil de tous, respect des pratiques familiales — et devient un repère concret de qualité.
La Gazette donne également la parole aux collectivités et partenaires engagés : Caf, intercommunalités, relais petite enfance… Les interviews et reportages montrent les réussites, les inquiétudes et les zones d’ombre : formation des agents, baisse du nombre d’assistants maternels, besoins émergents des familles, risques de dérive vers une logique trop administrative ou trop marchande. Les initiatives locales, du Rhône au Nord en passant par la Savoie ou le Finistère, témoignent d’un même constat : le travail collectif reste la clé pour construire un service réellement adapté aux enfants et aux familles.
Ce numéro rappelle enfin que la petite enfance n’est pas seulement une question de gestion ou de places disponibles. Elle concerne la société que nous voulons bâtir : plus attentive à la qualité des relations, plus respectueuse du développement des tout-petits, plus solidaire envers les parents. C’est dans cet esprit que la Gazette invite chacun — élus, professionnels, parents, associations — à participer à cette nouvelle page de la politique petite enfance.